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Que ceux qui ne savent pas travailler apprennent,
non pour le cupide désir de recevoir le prix
du travail, mais pour lexemple et pour chasser
loisiveté.
Doux révolutionnaire, François dAssise
allait réveiller une chrétienté
enlisée dans la richesse, la sclérose
intellectuelle, lavidité du pouvoir
et le militarisme des Croisades. Ame naïve,
joyeuse, dune sincérité et dune
fidélité à toute épreuve,
il a su enflammer son siècle et stimuler
un retour aux valeurs évangéliques
essentielles, à linstar dun Dominique
qui fonda au même moment les dominicains (pour
enrayer lhérésie cathare). |
Source
: Placide Gaboury
Édition
: Stéphanie Adam Le Roch
Révision : Nicole Dumais/Infographie :
Pascal Languirand/
Documentation : Rosalie Dumontier/Recherche internet
: Noëllise Turgeon
© Les Productions Minos Ltée/ Tous
droits réservés pour tous pays
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Son
uvre nest cependant pas celle de moines
vivant en cloître, mais de compagnons travaillant
dans la rue, au milieu des pauvres et des malades,
et de préférence dans les villes,
plutôt quà la campagne, à
lencontre des ordres monastiques existants.
Cette nouvelle fraternité rassemble des non-intellectuels
qui prêchent surtout par lexemple, des
missionnaires cherchant à convertir les autres.
Ces compagnons appartiennent à ces cités
nouvelles où les conditions économiques
et professionnelles feront fleurir " confréries
", " fraternités ", "
compagnons " et " communautés "
: dès lors, lindividu ne sengage
plus vis-à-vis dun supérieur
comme dans le premier moyen âge où
chaque homme, serf ou vassal, est lhomme dun
autre homme. Dans ces organisations nouvelles, lengagement
de chacun sadresse désormais à
la collectivité, à travers un représentant
changeable.
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Tout
est à la fois plus souple et moins vertical
: on annonce déjà ce qui suivra
le système féodal. Ces nouveautés
feront que les gens seront tout dabord suspectés,
moqués et malmenés, avant dêtre
enfin acceptés.
La
légende sest toutefois emparée
de la figure de François, amplifiant et
déformant considérablement ses paroles,
faits et gestes (surtout à travers la biographie
de Thomas Celano et les Fioretti) que lon
na jamais vraiment osé remettre en
question ou examiner à fond, comme par
exemple, ses stigmates, qui peuvent sexpliquer
par une forme dhystérie aiguë
découlant dune fixation obsessive
sur un objet de contemplation (ici, la figure
du Crucifié). Tout a été
marqué au coin du merveilleux et de la
sainteté.
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Du
reste, la puissance de cette légende a largement
contribué à créer un mouvement
de ferveur à travers le monde chrétien
sans avoir pourtant réussi à susciter
une transformation en profondeur. Peut-être
que la discorde et la division qui caractérisaient
déjà la fraternité du vivant
même de son fondateur montraient que lidéal
de celui-ci ne pouvait appartenir quà
une poignée de gens, et non à un grand
nombre. On peut comparer cet idéalisme à
celui dun Gandhi qui a cherché en vain
à imposer une vision individuelle à
un peuple tout entier.
François dAssise se rapproche également
de Gandhi en ce quil méprisait le corps
et le maltraitait, insistant exagérément
sur la pénitence, qui nexprime pas
lessentiel de lÉvangile. En lisant
le Cantique des créatures, on sétonne
quil ny ait aucune mention du corps,
de sa beauté, de sa vigueur, de ses vertus
et de sa capacité à manifester la
grandeur de Dieu. En ce sens, la vision de François
nétait peut-être pas aussi évangélique
quil le croyait. |