* Ceux qui recherchent le chemin diffèrent
les uns des autres. Aussi, bien quil ny
ait quun seul chemin conduisant à la
vérité, laspect quil présente
varie suivant les diverses conditions de ceux qui
cherchent; avec léquilibre ou le déséquilibre
de leur constitution, la persistance ou labsence
de leur motivation, la force ou la faiblesse de
leur nature spirituelle, la rectitude ou la déviation
de leur aspiration, la santé ou lindisposition
de leur relation à légard du
but. Certains possèdent toutes les caractéristiques
favorables, tandis que dautres nen possèdent
que quelques-unes. Ainsi, nous voyons que la constitution,
par exemple, peut être une entrave pour lun,
alors que sa lutte spirituelle est noble et bonne.
Et ce principe sapplique dans tous les cas.
la difficulté
* Tout être rationnel doit savoir que le voyage
se fonde sur le labeur et les difficultés
de la vie, sur laffliction et lépreuve,
et lacceptation de peurs et de dangers terrifiants.
Il est impossible pour le voyageur de trouver dans
son voyage un confort, une sécurité
ou un bonheur intacts. Car les eaux ont des saveurs
différentes et le temps varie, et le caractère
des gens en chaque lieu où lon sarrête
diffère de leur caractère à
l¢étape suivante. Le voyageur doit apprendre
de chaque situation ce qui est utile. Il est le
compagnon de tous l¢espace dune nuit
ou bien dune heure, puis il sen va.
Comment quelquun se trouvant dans cette situation
pourrait-il sattendre à la facilité?
(Voyage vers le Maître de la Puissance)
XXX
* Cest Son Être même qui Le
voile Il Sest envoyé Lui-même,
par Lui-même, de Lui-même à
Lui-même; il ny a pas dintermédiaire
ou de cause seconde qui serait autre que Lui le
Sans-commencement, le Sans-fin
* La connaissance dAllah nexige ni
extinction de lêtre, ni extinction
de cette extinction, car les choses nont
pas dêtre et ce qui na pas dêtre
ne peut donc séteindre
* Tu es aussi dépourvu dexistence
maintenant que tu létais avant la
création, car ce " maintenant "
est le Sans-commencement, le Sans-fin, lÉternité
Il ny a de soi que le Soi, il ny dêtre
que Son être. Tu es toi-même le but
de ta quête
* Lorsque tu te connais, ton ego illusoire est
enlevé et tu nes pas " autre
quAllah! " Autrement dit
: " Connais-toi toi-même "
ou " Connais ton être "
signifie " sache que tu nes pas
" Toi " alors que tu lignorais.
Que les créatures existent ou pas revient
exactement au même
* Lorsque survient la gnose (la connaissance du
cur) tu sais que cest en réalité
par Allah que tu connais Allah, et non par toi-même
Car connaîtrait-on ce qui est au moyen de
ce qui nest pas?
* Le connaisseur cest Lui et le connu est
Lui, celui qui voit est Lui et ce qui est vu est
Lui; celui qui arrive est Lui et ce à quoi
cela arrive est Lui.
* La Connaissance que le gnostique a de soi nest
rien dautre que la Connaissance quAllah
a de Soi, le soi du gnostique nétant
pas autre que Lui.
* Sache en résumé que celui qui
voit et ce qui est vu, celui qui trouve et ce
qui est trouvé, celui qui sait et ce qui
est su, celui qui perçoit et ce qui est
perçu, ne sont quun.
(Épître sur lUnicité
Absolue)
La gouverne du monde par le monde
* Pour ce qui est de la sagesse impliquée
dans le fait que Moïse a été
mis dans une arche et abandonné au Nil,
nous dirons que l'arche (at-tâbût)
correspond à son réceptacle humain
(an-nâsût) et le Nil à la connaissance
qu'il dut assimiler par l'entremise de ce corps,
c'est-à-dire par le moyen de la pensée
et des facultés de sensation et d'imagination,
facultés qui ne sauraient transmettre quelque
chose à l'âme humaine sans l'existence
préalable de ce corps composé des
éléments. Seulement quand l'âme
arrive dans ce corps et qu'elle en dispose par
ordre divin et le gouverne, elle est douée
des facultés correspondantes, qui lui permettent
de réaliser ce que Dieu veut qu'elle réalise
par le gouvernement de cette arche, où
habite la Paix (as-sakînah) du Seigneur.
C'est ainsi que Moïse fut exposé dans
son arche au Nil, afin qu'il réalise par
ces facultés les domaines respectifs de
la connaissance. Dieu lui apprit par là
que si l'esprit est bien le roi (de l'organisme
humain), il ne le régit cependant que par
lui, c'est-à-dire par l'intermédiaire
des facultés rattachées à
ce réceptacle humain (an-nâsût)
dont le symbole est l'arche. De même, Dieu
ne régit le monde que par le monde lui-même,
ou par sa " forme " (qualitative).
Il le régit par lui-même, selon la
loi qui fait que l'existence du généré
dépend de celle du générateur,
les finalités de leurs fins, le conditionné
de ses conditions, les effets de leurs causes,
les conclusions de leurs preuves, et toute chose
vraie des vérités qui la définissent.
Car tout cela (les uns et les autres de ces termes)
fait partie du monde, de sorte que Dieu (coordonnant
ces complémentaires) gouverne le monde
par le monde. l'infinité
* Quant à l'Élevé en Lui-même,
II est celui qui possède la perfection
(ou l'infinité : al-kamâl) dans
laquelle se " noient " toutes
les réalités existentielles ainsi
que toutes les relations non-existantes (en elles-mêmes),
en ce sens qu'aucun de ces " attributs "
ne Lui fait défaut, que l'attribut soit
positif, logiquement ou moralement, ou qu'il soit
négatif, selon la coutume, la raison ou
la morale. l'oscillation humaine
* La guidance divine consiste en ce que l'homme
soit amené à la perplexité
(al-hayrah) (en face de la Réalité
suprarationnelle), pour qu'il sache que l'existence
est tout entière perplexité (à
savoir oscillation entre deux aspects divins apparemment
contradictoires); or, la perplexité est
instabilité (au sens de non-inertie) et
mouvement, et le mouvement est vie, de sorte qu'il
n'y a pas d'inertie ni de mort, mais pure existence,
sans absence. la perception de l'imperceptible
La Réalité
est Créateur créé (Cest-à-dire
le Créateur immanent à la créature);
ou bien, la Réalité est créature
créatrice (Dieu ne se manifestant quen
vue de la créature). Tout cela n'est que
l'expression d'une seule essence; non,
c'est à la fois l'essence (al-'ayn) unique
et les essences (al-a'yân) multiples.
Considère donc ce que tu vois!
(Isaac dit à son père Abraham qui
s'apprêtait à le sacrifier :)
" Ô mon père, fais ce qui
t'a été ordonné ".
Or, l'enfant est (symboliquement) l'essence de son
générateur. Lorsqu'Abraham vit dans
un songe (inspiré) qu'il immolait son fils,
il se vit en réalité se sacrifier
lui-même. Et quand il racheta son fils par
l'immolation du bélier, il vit la réalité
qui s'était manifestée sous la forme
humaine, se manifester sous l'aspect du bélier.
C'est donc ainsi que l'essence du générateur
se manifesta sous la forme de l'enfant, ou plus
exactement sous le rapport de l'enfant.
" (C'est Lui qui vous a créés
d'une seule âme,) et qui en créa sa
compagne... " (Coran, IV, 1). En d'autres
termes, Adam épousa sa propre âme;
de lui sont issus et sa compagne et son enfant.
C'est ainsi que l'Ordre (divin) est unique dans
le multiple.
Il en va de même de la Nature (at-tabî'ah)
et de ce qui en procède. Jamais la Nature
ne diminue à cause de ses productions ni
n'augmente par leur résorption. Ce qu'elle
produit n'est pas autre chose qu'elle-même,
bien qu'elle ne soit pas, comme telle, identique
à ses productions aux formes variées.
Celle-ci, par exemple, est froide et sèche,
celle-là chaude et sèche; elles sont
donc homogènes par la sécheresse,
mais distinctes par une autre qualité. C'est
la qualité commune qui est la Nature,
ou plutôt : la détermination primordiale
(de toutes ces qualités). Le monde de la
Nature consiste en formes (variées se reflétant)
dans un miroir unique; ou mieux :
c'est une seule forme (se reflétant) en des
miroirs divers.
un monde d'ombres
* Tu ne connais le monde que dans la mesure où
l'on peut connaître les ombres; et tu ignores
Dieu dans la mesure où tu ignores la personne
dont dépend cette ombre (qu'est le monde).
de la sagesse de l'amour éperdu
* Ne vois-tu pas que Dieu Se manifeste dans les
qualités des êtres éphémères,
comme II l'affirme d'ailleurs Lui-même (dans
les paroles divines), qu'il Se manifeste même
dans les qualités de l'imperfection et
dans les qualités blâmables (ou qui
sont telles quand on les rapporte à l'homme,
comme la jalousie et la colère, par exemple)?
D'autre part, la créature se manifeste
avec les Qualités divines, s'attribuant
celles-ci de la première à la dernière
; elles appartiennent vraiment à la créature
; de même que les qualités des êtres
éphémères appartiennent vraiment
à Dieu. " La louange est à
Dieu " : c'est-à-dire qu'en
définitive toute gloire, de tout ce qui
loue et de tout ce qui est loué, revient
à Dieu seul. " À Dieu
retourne toute réalité (amr) "
(Coran, XI, 123) : cette parole comprend
aussi bien le blâmable que le louable; et
il n'existe que l'un et l'autre. la primordialité
*
* Si Dieu t'accorde la
prière de la langue, Il te fera entendre
Sa réponse par l'oreille; et s'il t'accorde
la prière de l'esprit, Il te fera entendre
Sa réponse par ton ouïe. une voie
* C'est ainsi que nous marchons sur la Voie droite
(aç-çirât al-mustaqîm)
sur laquelle se trouve le Seigneur même, puisqu'il
tient notre " mèche de l'occiput "
dans sa main, de sorte que nous ne pouvons pas être
séparés de Lui. Nous sommes donc avec
Lui implicitement, et Lui est avec nous souverainement.
Car Il dit : " Dieu est avec vous
où que vous soyez " (Coran, LV11,
3) alors que nous sommes avec Lui parce qu'il saisit
notre " mèche ". En réalité,
Il est avec Lui-même partout où II
s'en va avec nous par Sa voie, et dans ce sens,
il n'y a personne dans le monde qui ne soit pas
sur une voie droite qui, elle, n'est autre que la
Voie du Seigneur, exalté soit-Il. C'est là
ce que Bilqîs apprit de Salomon, et c'est
pourquoi elle dit : " (je me soumets avec
Salomon) à Dieu, le maître des mondes ",
sans se référer à tel monde
en particulier. la contemplation de la femme
* Quand l'homme aime la femme, il désire
l'union, c'est-à-dire l'union la plus complète
qui soit possible dans l'amour; et dans la forme
composée d'éléments, il n'existe
pas d'union plus intense que celle de l'acte conjugal.
De ce fait, la volupté envahit toutes les
parties du corps et pour la même raison la
loi sacrée prescrit l'ablution totale (du
corps après l'acte conjugal), la purification
devant être totale, comme l'extinction de
l'homme dans la femme avait été totale
lors du ravissement par la volupté (de l'union
sexuelle). Car Dieu est jaloux de Son serviteur,
II ne tolère pas que celui-ci croit jouir
d'autre chose que de Lui. Il le purifie donc (par
le rite prescrit), afin qu'il se retourne, dans
sa vision, vers Celui en qui il s'est éteint
en réalité puisqu'il n'y
a pas autre chose que cela.
Lorsque l'homme contemple Dieu dans la femme, sa
contemplation porte sur ce qui est passif; s'il
Le contemple en lui-même, en vue de ce que
la femme provient de l'homme, il Le contemple en
ce qui est actif; et lorsqu'il Le contemple seul,
sans la présence d'une forme quelconque issue
de lui, sa contemplation correspond à un
état de passivité à l'égard
de Dieu, sans intermédiaire. Dès lors,
sa contemplation de Dieu dans la femme est la plus
parfaite, car c'est alors Dieu en tant qu'il est
à la fois actif et passif qu'il contemple,
tandis que dans la contemplation purement intérieure,
il ne Le contemple qu'en mode passif. Aussi le Prophète sur
lui la bénédiction et la paix
dut-il aimer les femmes à cause de la parfaite
contemplation de Dieu en elles. On ne saurait jamais
contempler Dieu directement en l'absence de tout
support (sensible ou spirituel), car Dieu, dans
Son Essence absolue, est indépendant des
mondes. Or, comme la réalité (divine)
est inabordable sous ce rapport (de l'Essence),
et qu'il n'y a de contemplation (shahâdah)
que dans une substance, la contemplation de Dieu
dans les femmes est la plus intense et la plus parfaite;
et l'union la plus intense (dans l'ordre sensible,
qui sert de support à cette contemplation)
est l'acte conjugal. le sens des Écritures
* On sait que les Écritures révélées
comme loi commune (sharî'ah) s'expriment,
en parlant de Dieu, de manière que la majorité
des hommes en saisit le sens le plus proche, tandis
que l'élite en comprend tous les sens, à
savoir toute signification incluse en chaque parole
conformément aux règles de la langue
employée.
(Les langues archaïques, telles que larabe,
comportent une pluralité de sens en une seule
expression) les reflets d'une seule forme
*
Ne vois-tu pas comme
le petit enfant influence l'adulte par le pouvoir
attractif qui lui est inné, de sorte que
l'adulte dépose sa dignité pour amuser
l'enfant, pour le faire rire, et qu'il se met au
niveau de l'intelligence enfantine. C'est qu'il
obéit inconsciemment au pouvoir de fascination
de l'enfant, qui l'oblige ainsi à s'occuper
de lui, à le protéger, et à
lui procurer ce dont il a besoin, à le consoler
aussi, pour qu'il ne sente pas d'angoisse. Tout
cela fait partie de l'influence qu'exerce le jeune
sur l'adulte; la cause en est la puissance de l'état,
car le jeune est plus directement rattaché
à son Seigneur, à cause de sa primordialité,
tandis que l'adulte en est plus éloigné.La
grande illusion
* Tu n'es qu'une bulle d'écume dans ce fleuve
battu par la tempête; une fois que tes yeux
seront ouverts le monde t'apparaîtra un rêve.
Le soufi est celui qui ne possède pas;
être n'est pas un objet de possession
* J'en atteste Dieu, si nous en étions restés
aux seuls arguments rationnels de la philosophie,
lesquels, s'ils nous font connaître l'Essence
divine, ne le font que d'une manière négative,
il est sûr qu'aucune créature n'eût
jamais éprouvé d'amour pour Dieu.
[...]
La religion positive nous apprend qu'Il est ceci
et cela; ce sont des attributs dont les apparences
exotériques sont absurdes pour la raison
philosophique, et cependant c'est à cause
de ces attributs positifs que nous l'aimons. [ ]
Il est celui qui dans chaque être aimé
se manifeste au regard de chaque amant... de même
que nul autre que Lui n'est adoré, car il
est impossible d'adorer un être sans se représenter
en lui la divinité... Ainsi en va-t-il pour
l'amour : un être n'aime en réalité
personne d'autre que son créateur. [...]
Et si tu aimes un être pour sa beauté,
tu n'aimes nul autre que Dieu, car Il est l'être-beau.
Ainsi, sous tous ses aspects, l'objet de l'amour
est uniquement Dieu. En outre, comme Dieu se connaît
soi-même et que c'est en se connaissant soi-même
qu'il a connu le monde, il l'a produit ad extra
à son image. Ainsi le monde est-il pour lui
un miroir dans lequel il voit sa propre image, et
c'est pourquoi Dieu n'aime que soi-même, de
sorte que s'il déclare : Dieu vous aimera,
en réalité Il est soi-même celui
qu'il aime.* De l'amour nous sommes issus. Selon
l'amour nous sommes faits. C'est vers l'amour que
nous tendons. À l'amour nous nous adonnons.
* Voyage vers le Maître de la Puissance, Éd. Pocket,
2001
* Livre des contemplations divines, Éd. Actes
Sud, 1999
* Traité de l'amour, Éd. Albin Michel,
date de parution non disponible
* Les Illuminations de La Mecque, Éd. Albin
Michel, 1997
Montrer des exemples d'intelligence et de compassion, combattre la méchanceté
et l'injustice.
Vous êtes sur le site perso de georges-antoine strauch. Il me sert
de carte de visite et d'outils de communication d'une utopie d'homme
d'action : soutenir la veuve et l'orphelin, promouvoir la beauté de
l'idéal...
Je souhaite partager mes révoltes ou mes coups de coeur avec vous
pour en discuter et s'enrichir de vos points de vue.
Pour quoi
rebelle ?
Je suis démocrate mais je sais que la démocratie
revient le plus souvent à donner une prime à la bêtise,
la médiocrité et la méchanceté. Il faut donc
contrebalancer ce travers en plaçant des étais aux endroits
stratégiques. Les rebelles sont de bons garde-fou.
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et le site www.rebelle.net
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