![]() |
|||||
GIORDANO BRUNO (1548-1600)Le philosophe de linfini Giordano Bruno est le plus grand penseur du 16e siècle qui a ouvert les esprits de son temps sur des visions très déstabilisantes. Cosmologue avant tout, il tente de penser et de comprendre lunivers physique autant du point de vue astronomique que philosophique. Appuyé sur Copernic pour lastronomie, sa vision du monde sinspire de la mystique de Plotin ("Toute philosophie est une recherche du premier principe") et de Nicolas de Cuse (" Les contraires coïncident : le minimum est identique au maximum "). Pour Bruno, il ny a plus de fixité dans lUnivers, annonçant en cela la relativité d' Einstein; il voit lUnivers matériel comme le monde spirituel déployé, " expliqué ", alors que le monde divin est caché, " implié ", préfigurant déjà la vision de David Bohm; il conçoit la matière comme divine, à la façon de Teilhard de Chardin. (Cest ce que lorthodoxie religieuse appelle le panthéisme, pour qui tout est Dieu et Dieu est tout.) Cependant, il ne trempe pas dans lexploration physique à la façon de Galilée, puisque pour lui la vérité est déduite à partir de principes intellectuels. En cela, sa méthode de vérification appartient à la scolastique médiévale, alors que ses idées sont modernes par leur liberté, leur grandeur et leur audace. Pour Bruno, Dieu et lUnivers sont deux aspects de la même et seule réalité qui est la Substance " originaire et universelle, identique pour tout " et pénétrant toute matière. Le monde est donc un. Et cet être unique et éternel se manifeste par des apparences fugitives et diverses. (Cest ce quon appelle le monisme, en philosophie). La matière/Dieu est une potentialité infinie. Ainsi, lÊtre, la Nature, Dieu, la matière sont une seule et même chose. Il ny a pas dartisan extérieur ou au-dessus, toutes choses sont mues par une âme qui vivifie les êtres de lintérieur et qui contrôle leur nature, leur spontanéité, leur vie. Pour Bruno, lintuition de linfini ne peut vraiment pas être explicitée, elle est proprement impensable, Cest même son impensabilité qui justifie lidée de linfini. Somme toute, linfini est le thème central de sa philosophie. Et dans un univers infini, tous les points de lespace sont équivalents : il nexiste ni lieux privilégiés, ni directions, ni qualités absolues. En cela, Giordano Bruno était un Einstein de la renaissance. Son testament philosophique est le De immenso et innumerabilibus, écrit en 1591.
2005 "Giordano Bruno, le héros et l'infini" sur le site des Vendredis de la philo : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/vendredis/index.php?emission_id=51 "Giordano Bruno est deux fois la victime de ses bourreaux. En le brûlant en place publique, après huit ans d'emprisonnement, le 17 février 1600, et après avoir introduit dans sa bouche un petit appareil métallique qui entravait sa langue et l'empêchait de se faire comprendre de la foule, l'Eglise a fait du philosophe un martyr, une icône, un symbole. Un homme dont on parle avec bienveillance, mais qu'on se dispense de lire, comme si l'oeuvre était tout entière concentrée dans le supplice. Comme s'il suffisait, en somme, de le plaindre pour le connaître et le décrire comme un second Socrate. Exit le lecteur éclectique, le cosmographe hypermnésique au style foisonnant ! Giordano Bruno, victime idéale de ce que les hommes ont de plus bête, est devenu, par sa mort, le philosophe qu'on admire trop pour le lire. C'est peu dire que « l'académicien de nulle Académie » - comme il se présente - mérite beaucoup mieux que ce culte commode". Certes, dès son entrée, à dix-sept ans, dans l'ordre des dominicains, Bruno refuse le culte des Saints, doute de la pureté de la vierge, et porte un crucifix sans le Christ. Certes, avant d'y passer, Bruno est déjà une tête brûlée qui déclare aux inquisiteurs de Venise ne s'être jamais préoccupé « de ce que la foi nous commande d'admettre ». Mais ce qu'il découvre est bien plus vaste que ses juges imbéciles et Dieu n'est pas, loin s'en faut, aux antipodes de Bruno. Son système est également un antidote aux demi habiles qui réduisent l'intelligence au combat contre les monothéismes, et voudraient bien, eux aussi, que l'Eglise les déteste un peu... Dieu sait si, à la différence des bouffeurs de curé, Bruno le défroqué n'avait aucun besoin d'être immolé pour être immortel. Il est - archaïque et moderne - l'héritier des poètes latins mais le successeur de Copernic, l'aïeul - ou l'alter ego - de Spinoza, comme le descendant de Plotin. Il aime Ovide autant que la Bible, tout en étant celui qui casse le ciel et sa voûte, pour lui donner les dimensions de l'univers. À tous ceux qui, confondant le pouvoir et la puissance, situent Dieu hors du monde comme une cause abstraite, Bruno répond, en substance, que Dieu n'est pas ailleurs et que, du coup, l'homme n'est pas grand-chose ; qu'il est « indigne de la bonté et de la puissance divines qu'(.) elle se contentât de produire un monde fini. », que « Dieu ne peut être autre qu'il n'est (.), ne peut vouloir autre chose que ce qu'il veut ; et de toute nécessité, ne peut faire autre chose que ce qu'il fait. » Le monde selon Bruno est si vaste qu'il n'a plus de centre et que rien ne l'excède. Il y a une infinité de mondes dans le ciel, mais on ne peut plus couper le monde en deux ; tout ne fait plus qu'un chez ce philosophe à sang chaud : le sensible et l'intelligible, la matière et la forme, l'acte et la puissance, l'oil et la lumière. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme : « Ne voyez-vous pas, dit-il, par vous-même que ce qui était semence devient herbe, et que ce qui était herbe devient épi, ce qui était épi devient pain, ce qui était pain devient sang, le sang semence, la semence embryon, l'embryon homme, l'homme cadavre, le cadavre terre, la terre pierre ou autre chose, et ainsi de suite, pour en arriver à revêtir toutes les formes naturelles ? » Dans ce matérialisme enchanté, la mort n'est plus un terme, mais une transformation : tout être se transmet en un autre, au fil sans rupture d'un processus incessant. Giordano Bruno, le nomade à la vie picaresque, pour qui « les philosophes sont d'une certaine manière des peintres et des poètes » préfère la métamorphose à la création, et se sert, surtout, de l'infini pour dissuader de chercher un au-delà. D'ailleurs : « vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à l'accepter » lance-t-il à la face de ses bourreaux, juste après lecture de sa condamnation au bûcher, conscient que les imprécateurs, si haineux soient-ils, ne changeront pas le cours du monde avec un autodafé. Mais, en matière d'argument ontologique, un bûcher vaut tous les syllogismes. Et après tout, quelle meilleure preuve de l'existence d'un Dieu transcendant, que les crimes commis par les hommes en son nom ? Avec des lectures de textes par les comédiens Anne Brissier et Georges Claisse Cynthia Fleury Dialoguer avec l'Orient PUF (2003) L'auteur tente de renouer le dialogue entre l'Occident et l'Orient qui existait à la Renaissance. Dressant d'abord un état des lieux des idéologies qui définissent les relations entre les deux souvent en terme de choc de civilisations, l'auteur replonge ensuite dans les débats philosophiques de la Renaissance pour penser autrement la carte d'un monde qui serait scindé en deux bloc Jochen Winter La création de l'infini : Giordano Bruno et la pensée cosmique Calmann-Lévy (2004) Introduction à la pensée du philosophe italien Giordano Bruno, brûlé vif en 1600 pour hérésie. Pour lui, le cosmos est une création actuelle et infinie, constamment animée par Dieu, et l'homme une créature héroïque et universelle. Il détruit ainsi non seulement le fondement intellectuel du monde médiéval, mais aussi le coeur même de la doctrine chrétienne. Plusieurs sites sur internet. en français : http://fr.wikipedia.org/wiki/Giordano_Bruno en italien : http://www.giordanobruno.info/ en allemand : http://www.philosophenlexikon.de/bruno.htm sur ce site, en anglais, http://www.historyguide.org/intellect/bruno.html les "héritiers" (au sens de Bourdieu) pourront lire le texte en latin : Cantus Circaeus : http://www.esotericarchives.com/bruno/circaeus.htm |
Vous êtes sur le site perso de georges-antoine strauch. Il me sert de carte de visite et d'outils de communication d'une utopie d'homme d'action : soutenir la veuve et l'orphelin, promouvoir la beauté de l'idéal... Je souhaite partager mes révoltes ou mes coups de coeur avec vous pour en discuter et s'enrichir de vos points de vue. Pour quoi rebelle ? Je suis démocrate mais je sais que la démocratie revient le plus souvent à donner une prime à la bêtise, la médiocrité et la méchanceté. Il faut donc contrebalancer ce travers en plaçant des étais aux endroits stratégiques. Les rebelles sont de bons garde-fou. Vous pouvez utiliser tous mes textes et mes photos en citant leur auteur et le site www.rebelle.net Pour les autres, demandez l'autorisation des auteurs. |
||||
| © Copyright 2005 gas
|