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KORAK DANA (AFP) -
Quelque 200 familles afghanes, qui avaient fui il y a trois ans leurs villages
situés sur la ligne de front, au nord de Kaboul, sont rentrées
chez elles lundi, retrouvant pour certaines, leurs maisons démolies
par les bombes.
Ce retour est effectué avec l'aide du Haut commissariat des Nations
Unies pour les réfugiés (HCR), qui réalise ainsi son
premier programme d'assistance pour les personnes déplacées
en Afghanistan depuis la chute du régime des talibans, le 7 décembre.
Ces familles avaient fui en 1998 les combats entre les milices des talibans
et les forces de l'Alliance du Nord pour trouver refuge dans la vallée
du Panchir, à environ 100 km de leurs villages, où le HCR leur
a procuré des tentes pour s'abriter, dans le camp d'Awaringha.
"Au moins, nous sommes débarrassés de ces gens cruels (les
talibans)", dit Sardar Agha, 32 ans, alors qu'il se réinstalle avec
sa famille dans sa maison aux murs de pisé, dans un pittoresque village
situé à environ 60 km au nord de Kaboul. "Personne n'aime être
loin de chez soi", dit-il. "C'était difficile dans le camp.
Nous n'avions jamais assez à manger"."
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Il se rappelle comment il a fui, de nuit, avec les huit membres de sa famille,
pour échapper aux roquettes. "Nous étions juste sur la
ligne de front", raconte-t-il. "Il y avait des combattants tout
autour de nous. Nous ne pouvions plus rester."
Mais maintenant, espère-t-il, les "jours noirs" sont finis
et il compte bien renouer avec son ancienne vie dans son village au coeur
de la plaine fertile du Shomali.
"J'attends le printemps pour planter mes champs", ajoute-t-il, tandis
que sa famille déballe des lits, des matelas, des tapis et des sacs de
nourriture et les portent dans la maison. "Nous allons faire une fête
ce soir", dit Agha joyeusement.
Mais son voisin, Mohammad Islam, n'est pas aussi heureux. Sa
maison a été réduite à l'état de ruines
par les bombes et il devra vivre sous la tente en attendant qu'il puisse
la reconstruire.
"J'ai eu un vrai choc en voyant ma maison", dit ce père de six
enfants, âgé de 58 ans. "Nous rêvions tous de rentrer à la
maison, et maintenant, voilà tout ce qui en reste", dit-il en montrant
un amas de poutres, de briques et de boue qui étaient naguère une
maison de six pièces.
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Un membre afghan de l'organisation humanitaire française ACTED,
Bashir Ahmad, a indiqué à l'AFP que quatre autres familles
revenues au village avaient trouvé leur maison dans le même état.
"Nous leur donnerons des tentes et des matériaux pour reconstruire",
a-t-il dit. Toutes les familles reçoivent en outre, dans le cadre
de ce programme d'aide au retour, un four, du bois de chauffage, du charbon,
des couvertures, des habits d'enfants, du matériel de cuisine et des
feuilles de plastique.
Selon le HCR, environ 200.000 villageois ont fui la plaine du
Shomali entre 1998 et 2000. Parmi eux, environ 4.000 familles se trouvent
encore dans la vallée du Panchir et 2.500 autres vivent "dans
des conditions difficiles" dans l'ancien quartier de l'Union soviétique à Kaboul.
Tous veulent retourner dans leurs villages, mais beaucoup attendent
le printemps. "Le principal obstacle au retour est la présence
des mines", souligne le HCR
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