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Le pays a des racines historiques bien ancrées dans le temps dont nous éviterons la description.
Cependant, les deux dernières décennies de l’histoire contemporaine, marquée par la guerre de résistance contre les occupants soviétiques, offrent un bon aperçu de l’évolution qui l’a conduit jusqu’au contexte actuel de tensions et de luttes intestines.
Au début des années '70, le pays repose sur des structures sociales figées. L’Afghanistan est traditionnellement soumis à l’influence de l’URSS et les coups d’État militaires de 1973 et de 1978 introduisent de profondes perturbations.
Le premier coup d’État met fin à la monarchie alors présente dans le pays. Il instaure la dictature " républicaine " du prince Daoud. Celui-ci s’appuie sur des forces progressistes, mais elles sont peu nombreuses et trop divisées pour offrir une alternative au régime déchu. Le prince ne bénéficie donc pas de bases solides à l’établissement de son nouveau régime qui s’enfonce alors dans l’immobilisme et la révolution.
Le 27 avril 1978, l’Afghanistan est victime d’un deuxième coup d’État, couramment appelé au pays, la " révolution de Saur " (pour le nom du mois du calendrier afghan qui va du 22 avril au 22 juin). Il s’effectue dans une conjoncture d’inquiétudes soviétiques et d’un malaise grandissant de la petite bourgeoisie civile et militaire afghane, largement acquise au communisme. L’URSS apportant son soutien, on élimine le prince Daoud et l’aristocratie est contrainte à l’exil ou à la prison. Le pouvoir revient alors au Parti démocratique populaire (PDPA), regroupant deux factions : le Parcham (Parti du drapeau) et le Khalq (Parti du peuple).
Ces nouveaux partis au pouvoir adoptent des réformes dans les domaines foncier, social et scolaire qui se veulent un projet modernisateur sincère. Par contre, leur introduction trop brutale ébranle les structures tribales et les mentalités religieuses. Une résistance armée finit donc par gagner l’ensemble de la population. De plus, le nouveau pouvoir ne met pas de temps à montrer des signes d’instabilité chronique.
Le soulèvement des tribus au nom de la foi islamique, la désertation au sein de l’armée afghane et le massacre de plusieurs de ses conseillers placent l’Union soviétique devant une alternative : un retrait ou une intervention. Elle décide de passer à l’action au mois de septembre 1979. Les forces soviétiques, qui ont un contingent d’environ 90 000 soldats, contrôlent donc les aéroports et la capitale. Enfin, le Premier ministre Amin est assassiné puis remplacé par Babrak Karmal, le dirigeant du Parcham.
Un traité signé à Moscou prévoit la coopération nécessaire entre l’URSS et l’Afghanistan pour assurer la sécurité et l’indépendance des deux pays. L’intervention soviétique est motivée par trois raisons. D’abord, une raison sécuritaire puisque l’Afghanistan fait partie du territoire soviétique et qu’en plus, la montée de l’islamisme inquiète. Ensuite, il y a une raison politique puisque l’URSS ne peut tolérer qu’une révolution patronnée par elle soit défaite. Enfin, il y a une raison stratégique puisque le coup d’État de Kaboul permet à L’URSS de contrôler les grandes voies de communication maritime essentielles à l’approvisionnement du monde occidental.
Cela ne s’effectue pas sans soulever une émotion internationale intense. L’action est condamnée par l’ONU. Dans le monde islamique, elle contribue à accentuer les relations entre L’URSS et l’Iran en plus d’altérer celles avec un pays allié comme l’Irak. Enfin, les États-Unis ripostent par des mesures de rétorsion comme un plafonnement des exportations de céréales.
Après huit ans de pénible guerre, un million de morts et plus de cinq millions de réfugiés, l’Union soviétique ne cumule que des problèmes. Toutes les actions prises par l’Union soviétique n’arrivent pas à casser la résistance qui, bien que divisée, reste maîtresse des deux tiers du pays. Au mois de mai 1986, on renvoit Barbak Karmal que l’on remplace par le chef de la police secrète Mohammed Najibullah, mais cela ne résout rien. La tentative de réconciliation se heurte au refus de l’opposition et de la population, rebelle en grande majorité au régime prosoviétique.
En avril 1988, l’accord pakistano-afghan, entériné à Genève et cautionné par les États-Unis et l’URSS, prévoit le retrait échelonné des troupes soviétiques. Toutefois, cet accord laisse entier le problème des relations entre le gouvernement de Kaboul et la résistance.
Les jeux sont loin d’être faits puisque l’avenir du pays dépend de l’évolution des rapports de force entre les factions armées, les groupes ethniques, les pouvoirs régionaux, les idéologies islamiques ainsi que de l’évolution des pays limitrophes.
L’année 1994 voit la naissance de la milice des Talibans. Celle-ci s’impose rapidement contre le gouvernement islamique en place et gagne du terrain dans l’année suivante. Ce qui entraîne de nouvelles tensions pour la région.
Quelques liens intéressants :
Russian Political Maneuvers & Hypocrisies in Afghanistan
A brief history of  the war in Afghanistan
Histoire de l'Afghanistan
Afghan history

 

Gouvernement:

Le 27 septembre 1996, le gouvernement de l'État islamique d'Afghanistan de Burhanuddin Rabbani fut défait militairement par le mouvement islamique des talibans - aidé du Pakistan -, qui instaura un Émirat islamique d'Aghanistan. Les combats entre les talibans et les forces de l'opposition se poursuivent toutefois en plusieurs régions du pays.


Si les talibans se présentent comme le gouvernement légitime du pays, les Nations Unies et la presque totalité des pays du monde reconnaissent toujours le gouvernement de Rabbani. Avant les attentats du 11 septembre 2001, seuls l'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Pakistan tenaient pour légitime le gouvernement taliban. Depuis cette date, l'Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec celui-ci. L'Organisation de la Conférence islamique a quant à elle laissé vacant le siège du pays jusqu'à ce que soit réglée la question de la légitimité.


Avant les frappes alliées du 7 octobre 2001, les talibans contrôlaient la capitale Kaboul et près de 90% du pays. L'Alliance du nord, le principal mouvement d'opposition, tient pour sa part les régions septentrionales du pays. Des discussions ont eu lieu au cours des mois de septembre et d'octobre 2001 entre les diverses factions de l'opposition et les puissances alliées afin de préparer l'ère «post-taliban». Le retour de l'ancien roi Mohammed Zaher Shah, qui vit en exil depuis 1973 et jouit d'une popularité certaine dans la population, est évoqué.


Les bombardements intensifs de l'armée de l'air américaine ayant considérablement affaibli les défenses des Talibans, l'Alliance du Nord a été à même de lancer, début novembre, une vaste offensive en plusieurs points du territoire afghan. La prise de la principale ville du nord du pays, Mazar-i-Sharif, le 10 novembre, fut un tournant, qui inaugurait un repli général des Talibans sur l'ensemble des fronts. Après avoir fait la conquête de la presque totalité du nord du pays, les forces de l'opposition sont entrées dans Kaboul le mardi 13 novembre, chassant les talibans après cinq années de mainmise sur la capitale. Au 15 novembre, ceux-ci ne tiendraient plus qu'à peine 20% du territoire afghan, autour de Kandahar, leur capitale politique, qui se voit à son tour menacée.


source: D'après Xavier de Villepin, Afghanistan et fondamentalisme, avril 2000 (Sénat de la République française); CIA - The World Factbook 2001; Yahoo! France.

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