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Le rappel de la position pakistanaise depuis des dizaines d'années au sujet de l'Afghanistan.

Par SELIG S. HARRISON
Chercheur, The Century Foundation, Washington, auteur d 'un livre à paraître sur la politique américaine en Corée
(...) Nombre d'entre eux ont été sensibles à l'appel des islamistes, de ces groupes qui se sont développés brusquement avec les encouragements du régime du président Zia Ul Haq (1977-1988) durant la guerre d'Afghanistan.
De manière consciente, Zia Ul Haq a mis en place une coterie puissante d'officiers, concentrés dans les services de renseignement, animés par une idéologie mêlant nationalisme anti-indien et messianisme islamique. Lors d'une conversation, le 29 juin 1988, six semaines avant sa mort, le dictateur expliquait que son but était un « réalignement stratégique » en Asie du Sud. Le Pakistan, poursuivait-il, a besoin d'un « Etat satellite » en Afghanistan, de manière à assurer la stabilité de son flanc occidental et à pouvoir affronter l'Inde sans craindre d'être pris à revers. De plus, ajoutait-il, le Pakistan a vocation à diriger une confédération panislamique. « Vous, Américains, poursuivait-il, avez souhaité que nous soyons un Etat de la ligne de front. En vous aidant en Afghanistan, nous avons gagné le droit d'avoir à Kaboul un régime de notre choix. Nous avons pris des risques en assumant notre rôle, et nous ne permettrons pas que la situation régionale revienne à ce qu'elle était auparavant, avec une influence indienne et soviétique et des revendications sur notre territoire. Ce sera un véritable Etat islamique, une véritable confédération islamique, une partie de la renaissance panislamique qui gagnera un jour, vous verrez, les musulmans de l'Union soviétique. Il n'y aura plus de passeports entre le Pakistan et l'Afghanistan. Qui sait, peut-être un jour le Tadjikistan et l'Ouzbékistan se joindront-ils à nous, et, pourquoi pas, l'Iran et la Turquie. »