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Yuri Bandazhevsky (suite)

 

De WLADIMIR TCHERTKOFF : Nouvelles du Professeur Yuri Bandazhevsky

Conversation téléphonique avec Galina Bandazhevskaia le 20 juillet 2001. Hier, 15 jours après le transfert de Yuri Bandazhevsky de la prison de Gomel à celle de Minsk, Galina Sergueievna Bandazhevskaia a pu voir son mari après des heures d'attente dans une file de femmes. Ils ont pu parler pendant 2 heures par téléphone, à travers une vitre. La prochaine rencontre pourra avoir lieu dans 4 mois seulement, dans les mêmes conditions. En plus deux visites de 24 heures sont prévues dans une chambre pendant l'année. Cette situation de goulag est bien décrite dans le livre "Bonne Nuit" de Andrei Siniavsky Elle lui a apporté un colis de produits alimentaires de 30 kg., en espérant qu'il pourra en profiter assez longtemps, pour atténuer les effets de la mauvaise alimentation carcérale sur sa santé (ulcère). Souvent des compagnons de chambrée exigent de participer à l'aubaine et les colis sont consommés rapidement. Il ne pourra en recevoir que trois par an. Galina demande de ne pas envoyer de colis alimentaires à son mari, pour ne pas le priver de ces seules possibilités qu'elle a de lui acheter ce qu'il faut. Conditions de détention Le 18 juillet, après 15 jours de quarantaine, où on l'a enregistré, photographié et soumis à des analyses médicales, le Professeur Bandazhevsky a été affecté au "détachement 21" de la prison de Minsk, pour les travaux forcés. Son adresse postale : Yuri Bandazhevsky Ul. Kalvarijskaya, 36 Boîte Postale 3521 Minsk 220600 BELARUS Les conditions matérielles sont celles du "goulag". Une grande chambrée de 150 détenus remplie de lits superposés. On lui a assigné une place en haut, ce qui ne lui permet pas d'être assis pour écrire, le plafond étant trop bas. "J'écris mes lettres dans les toilettes". Il n'y a naturellement ni table ni armoire. Il tient ses papiers et ses livres dans un sac. (......) Une association "Enfants de Tchernobyl Belarus" est en voie de constitution. Elle a dans ses objectifs "l'information", qui est ce que veut faire Bandazhevsky et pourquoi nous voulons le faire sortir de là. Aussi l'information sur son cas, étant donné qu'il est poursuivi pour son travail pour les enfants de Tchernobyl Bélarus., Dès qu'un compte sera ouvert, le numéro sera communiqué. En attendant, des chèques peuvent être envoyés au Trésorier de l'Association (M. Fernex), à l'ordre de Michel Fernex (Tchernobyl), à l'adresse suivante : Michel Fernex 68480 - Biederthal France

Interview du Professeur Yuri Bandazhevsky par les médias irlandais, lors de la conférence de presse de Ady Roche. Minsk, avril 2000 - Votre brillante carrière a commencé à Grodno. Pourquoi êtes-vous venu à Gomel après la catastrophe à la centrale atomique de Tchernobyl? Quel âge aviez-vous alors?   Y. Bandazhevsky  J'ai vécu mon enfance dans la province de Grodno. Ayant terminé mes études à l'Institut de médecine de Grodno en 1980 j'ai  passé la spécialisation en anatomie pathologique et ai commencé à travailler dans le Laboratoire central de recherche scientifique du même institut. Quand j'étais encore étudiant j'ai commencé à m'occuper activement de recherches scientifiques et à réaliser de nombreuses expérimentations sur des animaux de laboratoire, que j'élevais moi-même à la maison. Le sujet principal de mes recherches était alors l'étude de l'influence de différents facteurs (physiques, chimiques et biologiques) de l'environnement sur la gestation, le développement embryonnaire et la formation des différents organes et systèmes. Ce travail a abouti à la préparation de la thèse de candidat au doctorat, que j'ai soutenue avec succès en 1983. J'ai soutenu la thèse de doctorat en 1987. La même année j'ai été nommé directeur du Laboratoire central de recherche scientifique. La catastrophe de Tchernobyl a produit sur moi, comme sur un grand nombre de personnes, un énorme choc psychologique. Je considérais que mon devoir de médecin me dictait d'apporter mon aide à la solution des problèmes liés à cette catastrophe. Aussi dès 1988-1989 m'étais-je adressé officiellement à l'Académie des sciences et au Ministère de la santé avec des propositions de recherches scientifiques globales sur l'influence de la radioactivité sur les systèmes et les organes vitaux dans la période de formation. Il me semblait que tout ce qui était entrepris alors était insuffisant pour résoudre les problèmes existants. Il s'agissait avant tout de l'absence d'une vision claire des mécanismes d'action des radionucléides incorporés dans l'organisme sur la structure et sur la fonction des cellules et des tissus, sur le métabolisme. Mon expérience dans mes travaux scientifiques précédents, qui avait été reconnue par les principales écoles de l'URSS (Moscou, Leningrad), me confortait dans l'idée que les sujets proposés étaient valables. En 1990 le destin a voulu que je fasse directement connaissance avec la vie des populations de Gomel et de sa province. Je pris la décision de poursuivre mes recherches scientifiques là bas sur place. J'ajoute que je projetais de me consacrer exclusivement au travail scientifique dans l'institut de médecine radiologique qui s'ouvrait alors. Toutefois, en automne de la même année j'ai été invité à prendre la direction de l'institut de médecine qui était en voie d'élaboration à Gomel. J'avais alors 33 ans.   - Quelles sont les nouvelles maladies que vous avez découvertes suite à vos recherches?   Y. B.  Les nombreuses recherches scientifiques, tant cliniques qu'expérimentales, ont montré l'action défavorable de quantités même faibles de radionucléides incorporés dans l'organisme, en premier lieu du césium radioactif, sur les systèmes et les organes vitaux. En premier lieu je voudrais signaler l'atteinte du système cardio-vasculaire, qu'on observe même chez les petits enfants. Une dépendance linéaire proportionnelle a été constatée entre la quantité du césium radioactif incorporé dans l'organisme et dans le muscle cardiaque, et la fréquence de même que la gravité des altérations morphologiques et fonctionnelles. En examinant les lésions dans l'ensemble des différents organes et systèmes, il a été possible de déterminer les processus pathologiques interdépendants tant au niveau du coeur, du foie, des reins, des organe endocriniens, que du système immunitaire. En conséquence, m'étant consacré pendant de nombreuses années à la pathologie, je pense que, sous l'action des radionucléides incorporés dans l'organisme, avant tout le césium-137, des lésions morphologiques et fonctionnelles interdépendantes entraînent des troubles métaboliques dans tous les systèmes et organes vitaux,. En outre, les lésions de certains organes peuvent avoir leurs caractéristiques propres, comme par exemple, dans les reins on observe la destruction des glomérules avec apparition de cavités. Cependant toutes ces lésions découlent d'un processus pathologique semblable, que nous appelons syndrome des radionucléides de longue période incorporés. Sur la base des données obtenues, la moindre quantité de césium radioactif incorporé dans l'organisme humain ou des animaux, peut provoquer l'altération de la structure et de la fonction d'organes et de systèmes, et entraîner de nouvelles maladies (maladie du coeur et des vaisseaux, tumeurs malignes, maladies du foie, des reins, de la glande thyroïde et des autres organes endocriniens) ou aggraver les maladies préexistantes. L'altération du système immunitaire est l'une des causes principales de l'augmentation des maladies infectieuses, comme la tuberculose et l'hépatite virale.   - Quel danger y a-t-il aujourd'hui pour les habitants des régions sinistrées?   Y. B.  Les recherches que nous avons effectuées ont montré que le plus grand danger est représenté par l'action des radionucléides incorporés dans l'organisme, en premier lieu du césium radioactif. Si nous ne mettons pas fin à ce processus, les conséquences peuvent être tragiques. C'est pourquoi un contrôle rigoureux de la présence du césium radioactif dans les produits alimentaires est indispensable. Cela concerne surtout les enfants, qui sont plus sensibles au césium radioactif. A ce propos la situation démographique me préoccupe beaucoup, car la mortalité de la population dans la province de Gomel dépasse la natalité de 1,6 fois. Je souligne que cela ne concerne pas seulement ni même avant tout les tumeurs malignes, mais aussi les altérations pathologiques des systèmes à métabolisme intense, comme le systèmes cardio-vasculaire, systèmes nerveux, immunitaire, endocrinien, urinaire, digestif et de reproduction. Le césium-137 exerce son action défavorable avant tout sur le système énergétique des cellules fortement différenciées, ce qui provoque leur nécrose, ainsi que finalement, dans beaucoup de cas, la mort de tout l'organisme.   - Quel est le danger pour les futures générations?   Y. B.  Compte tenu de l'action directe du césium radioactif sur les jeunes, sur la formation de leur système reproductif et sur les autres systèmes essentiels, ainsi que des modifications génétiques dans les cellules sexuelles, nous avons le devoir d'être inquiets pour la santé des futures générations.   - L'aide fournie à la République de Belarus pour la liquidation des conséquences de la catastrophe de la centrale atomique de Tchernobyl est-elle suffisante?   Y. B.  Afin de pouvoir apprécier la valeur de cette aide il est nécessaire de déterminer la gravité du dommage causé à la santé des populations, suite à la catastrophe de Tchernobyl. Je pense que l'aide la plus importante doit être orientée sur la prévention des maladies qui peuvent surgir, que j'ai évoquées plus haut. Le problème de Tchernobyl est le problème du monde entier. Je pense que l'aide de la communauté mondiale est nécessaire pour la liquidation de ses conséquences.   - Vous venez de commencer à travailler à l'institut "Belrad". De quel appareillage aurez-vous besoin pour votre travail?   Y. B.  Dans cet institut j'ai l'intention d'étudier les problèmes liés à l'action du césium radioactif sur la physiologie des systèmes et des organes vitaux. Je souhaite développer des méthodes de protection radiologique. Il est nécessaire pour cela de créer un laboratoire d'histopathologie, collaborer avec des groupes scientifiques pour mieux saisir les changements structrels-métaboliques des tissus et des cellules du corps humain et des animaux suite à l'incorporation du césium radioactif. Il faut en parallèle étudier les symptômes cliniques au niveau du système cardio-vasculaire chez les enfants qui vivent dans les territoire contaminés par des radionucléides. Je souhaite pour cela avoir le soutien et recevoir l'aide nécessaire qui puisse déboucher sur une étroite collaboration avec des scientifiques du monde entier. L'aide pourrait venir d'organisations sociales ou de bienfaisance, auxquelles le destin des personnes victimes de la radioactivité n'est pas indifférent, mais aussi de fondations scientifiques. Je voudrais espérer que le résultat de cette collaboration puisse permettre la création d'un Centre scientifique international de la pathologie des radiations, pour que de nombreux chercheurs, travaillant sur le problème de la protection des personnes contre l'action des rayonnements, puissent unir leurs efforts pour faire progresser nos connaissances.   - Quels moyens de protection voyez-vous aujourd'hui contre l'action des éléments radioactifs incorporés dans l'organisme humain?   Y. B.  Sur la base de mes recherches, ainsi que sur celle des recherches effectuées par les collaborateurs de l'institut "Belrad", on peut attester l'efficacité des produits à base de pectines d'origine végétale pour mobiliser ou éliminer partiellement le césium radioactif de l'organisme par voie naturelle. Ces produits parviennent à corriger les troubles métaboliques dus à la présence dudit radionucléide. Minsk, avril 2000  

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Le 18 juin 2001 le Pr. Yuri Bandazhevsky a été condamné à 8 ans de réclusion

(travaux pénibles, isolement, pas de livres, 3 visites par an de la famille) Rappel Le Pr. Bandazhevsky recteur de l'Institut de médecine de Gomel avait été arrêté en juillet 1999 sur une accusation de soi-disant pots de vin qu'il aurait reçus pour favoriser l'inscription d'étudiants à l'institut qu 'il dirigeait. Démis de ses fonctions il a été maintenu en prison dans des conditions très sévères (isolement, maladie) pendant plus de 5 mois et libéré fin décembre 1999 (en attente de son procès) grâce à une rapide réaction internationale. Il a été déclaré comme " prisonnier de conscience potentiel" par Amnesty International. Depuis l'an dernier il a été astreint d'abord à rester à Minsk puis en Belarus (il n'a pas pu venir à Paris recevoir le prix que lui a décerné l'association internationale des médecins pour la prévention des guerres nucléaires). Grâce au Pr. Nesterenko qui dirige l'institut indépendant BELRAD il a pu continuer ses travaux et rédiger des monographies extrêmement importantes sur l'effet sur l'organisme de la contamination interne par le césium 137 chez les enfants, en particulier sur le système cardiovasculaire. Son procès qui a débuté en février 2001 au tribunal militaire de Gomel a montré les faiblesses de l'accusation. Le verdict est un coup terrible, non seulement pour lui et sa famille, mais pour tous ceux qui veulent connaître les conséquences réelles de la catastrophe de Tchernobyl sur la santé des enfants vivant au Bélarus dans les zones contaminées par les radionucléides. N'oublions pas qu'un accident nucléaire grave est possible partout et aussi chez nous Entre autres pathologies, le Pr. Bandazhevsky a montré qu'une charge corporelle en césium 137, même relativement faible avec les critères habituels utilisés en radioprotection, pouvait conduire à des dysfonctionnements importants du système cardiovasculaire des enfants. Lorsque les troubles ne sont pas devenus chroniques l'état cardiovasculaire peut être amélioré avec disparition des troubles par l'ingestion d'un absorbant à base de pectine élaboré par l'Institut Belrad et qui permet d'éliminer du césium 137. Mais pour certains enfants il s'agit d'une pathologie irréversible, comme s'ils étaient atteints d'un vieillissement prématuré. C'est parce que le Pr. Bandazhevsky est " gênant "  pour les autorités de radioprotection non seulement du Bélarus mais de chez nous et des autres pays nucléarisés qu'il est ainsi attaqué et qu'il risque sa santé et sa vie. Le 7/7/2001 : La femme du Prof. Bandazhevsky, prisonnier du dictateur du Bélarus Loukachenko, reçoit son Passeport Européen. VOIR AUSSI "http://www.cyberhumanisme.org/breves.html"

 
 
 
 

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