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Pour quoi rebelle ?

Je suis démocrate mais je sais que la démocratie revient le plus souvent à donner une prime à la bêtise, la médiocrité et la méchanceté. Il faut donc contrebalancer ce travers en plaçant des étais aux endroits stratégiques. Les rebelles sont de bons garde-fou.

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Environnement : agir vite, par Hubert Reeves



http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3232--332147-,00.html
Nous émergeons péniblement d'une longue canicule accompagnée de
multiples conséquences désastreuses : feux de forêts multipliés, pics
d'ozone couvrant de larges régions de l'Europe, milliers de personnes
âgées décédés à cause de la chaleur, poissons morts en quantités dans
les cours d'eau à température trop élevée.
Nous risquons maintenant d'oublier que de tels phénomènes,
vraisemblablement liés au réchauffement planétaire provoqué par
l'industrie humaine, vont très probablement se reproduire de plus en
plus souvent, et avec des intensités plus grandes encore dans les
années prochaines. C'est du moins ce que prédisent les études
scientifiques les plus sérieuses.
Clairement, notre choix de développement n'est pas durable et, même
si cette expression est devenue un leitmotiv, les politiques
actuelles ne sont pas suffisamment infléchies pour mériter cette
qualification. Agir dès maintenant : c'est l'urgence. Inutile de nous
bercer d'illusions. Si rien n'est fait, nous fonçons dans le mur.
Il nous faut prendre un virage et il ne peut être pris en douceur.
C'est un virage serré à négocier avec la société tout entière
impliquée comme elle sait l'être lors d'une entrée en guerre. Les
conditions de vie de la planète sont dorénavant des conditions de survie. L'exercice va consister à persuader les citoyens que rien ne
peut plus être comme avant, que la mobilisation est générale mais que
le jeu en vaut la chandelle : il s'agit ni plus ni moins que de notre
avenir sur Terre.
Les solutions sont à rechercher dans un réformisme démocratique.
L'information sur les enjeux, la vulgarisation des résultats des
recherches, la transparence des politiques, jusqu'aux rencontres
internationales pour des décisions communes afin que les Etats
avancent ensemble, voilà la forme de mondialisation qu'il nous faut
appeler de nos vœux. Ajoutons aussi que des gestes concrets et
quotidiens sont déjà à notre portée pour montrer aux leaders
politiques que nous sommes prêts à prendre une part des efforts.
Des exemples ? Au premier rang des actions possibles, la réduction
des climatisations et de la vitesse des voitures. Le transport
routier est une des causes majeures du réchauffement de l'atmosphère
et de la pollution généralisée par l'ozone. La consommation accrue
d'essence des voitures rapides augmente l'émission de nombreux gaz
responsables du réchauffement de l'atmosphère et de la formation de
l'ozone. Et bien sûr, en amont, il faut insister sur le choix à
l'achat d'une voiture à faible consommation d'essence.
Hubert Reeves est astrophysicien.
31.08.03